Contradiction permanente

Contradiction permanente
Les responsables de Washington, épaulés par leurs satellites, se contredisent en permanence, que ce soit à propos de la menace de nouveaux attentats, des objectifs de guerre ou du sort de leur ex-agent Ben Laden, étrange fantôme tenant à la fois du Père Noël et du monstre du Loch Ness :

* les m
esures de sécurité sont à leur comble / les mesures de sécurité seront renforcées

* la guerre sera longue / nous vaincrons rapidement

* les combats sont terminés, l'ennemi est anéanti / la bataille ne fait que commencer

* nous savons où se tro
uve OBL / nous ignorons tout de son lieu de séjour

* il est mort sous les bombes / il est mort d'une pneumonie / il est toujours en vie

* nous avons 300.00
0 hommes en Irak / nous en avons 130.000 / nous en avons 180.000 / nous ferons venir 30.000 soldats supplémentaires / nous comptons retirer un quart de nos troupes dans les six prochains mois / il nous faudra entre 240.000 et 480.000 hommes pour pacifier l'Irak

* l
'occupation sera courte / ce sera l'affaire de plusieurs décennies / nous resterons trois ans / nous serons encore ici dans dix ans / nous n'allons pas prendre racine dans ce pays / nous partirons lorsque nous aurons capturé Saddam / la capture du dictateur est sans incidence sur notre présence en Irak


Les deux visages de Georg
e Bush Jr. :
13 septembre 2001
: Le plus important, pour nous, c'est de trouver Oussama Ben Laden.
C'est notre priorit
é numéro un, et nous n'aurons de cesse que nous ne l'ayons trouvé.
13 mars 2002 : J'ignor
e où se trouve Ben Laden. Je n'en ai pas la moindre idée, et d'ailleurs
ça ne m'intéresse
pas. Ce n'est pas si important que ça. Ça ne fait pas partie de nos priorités.

Le matraquage continuel à coup de fausses nouvelles contradictoires contribue à maintenir la tension à un niveau élevé et à préparer le terrain pour le prochain mauvais coup, quel qu'il soit.
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# Online seit Mittwoch, 28. Dezember, 2005 um 08:48

Geändert am Freitag, 30. Dezember, 2005 um 12:51

Washington et Hollywood

Les discours et commentaires officiels déversés depuis le 11 septembre rappellent étrangement certains dialogues de navets "patriotiques" produits ces dernières années par les propangandistes des studios hollywoodiens (par exemple Air Force One, Swordfish, etc...). Les a-t-on copiés par manque d'imagination ou par souci d'économie ?

Au niveau de la brutalité et du sang versé, le Pentagone peut en remontrer aux Californiens; la réalité dépasse en effet largement la fiction. Pour ce qui est de la personnalité et du caractère des protagonistes, en revanche, le pouvoir est encore très, très loin de l'idéal cinématographique. Pour pallier à la mauvaise impression laissée le jour des attentats par le "lièvre du Nebraska", on devrait peut-être, à la prochaine occasion, engager à la Maison Blanche des scénaristes et des cascadeurs professionnels.

La coopération entre le ministère de la "Défense" et les grands studios hollywoodiens fonctionne à merveille depuis de nombreuses années. Par le biais d'un bureau de liaison installé sur place, le Pentagone supervise les scénarios des innombrables films et séries télévisées qui glorifient l'armée. Officiellement, il s'agit d'améliorer la plausibilité et le réalisme des scènes présentées au public. En fait, on veut avant tout s'assurer que rien de véritablement négatif ne passe sur les écrans (les petites égratignures sont permises, elles soulignent le "caractère humain" de l'institution militaire). En contrepartie de leur docilité, les studios se pliant au "militairement correct" se voient offrir toutes les facilités de tournage et tout le "matériel" dont ils ont besoin : véritables chars de combat, hélicoptères, porte-avions s'il le faut, et tous les figurants nécessaires. Chacun y trouve son avantage : ce qui sort des studios paraît plus "authentique", donc plus attrayant pour la masse des spectateurs (excellent pour la rentabilité) ; en retour, chaque nouvelle production suscite des vocations dans le public, ce qui facilite le recrutement militaire (devenu assez laborieux depuis que l'armée patauge dans le bourbier irakien)..

Mais Hollywood n'a pas toujours fait dans la propagande politique de bas étage. En 1997, David Mamet nous avait montré dans son excellent film Wag the Dog - Des Hommes d'influence - comment s'effectue la mise en condition de tout un peuple. Deux ans plus tôt, Michael Moore dans Canadian Bacon avait démoli par l'absurde le mécanisme de diabolisation de "l'ennemi".

Depuis septembre 2001, on ne produit plus ce genre de films. A la télévision, sous l'étiquette "information politique", on nous passe et repasse sans arrêt le même remake de cour d'assises : le procureur, voulant à tout prix obtenir une condamnation à mort, s'étend longuement sur l'horreur du crime tout en se gardant bien de fournir la moindre preuve de la culpabilité de l'accusé. Et pour cause, puisque c'est lui-même, le procureur, qui a fait le coup avec la complicité du juge. Mais ces braves jurés n'y voient que du feu ; les horribles détails suffisent à les émouvoir. Défendu mollement par un avocat minable, l'accusé n'a aucune chance de s'en sortir ; il est de toute façon condamné d'avance. Dans cette version, on ne voit pas de journaliste courageux mener sa propre enquête pour faire éclater la vérité ; le producteur a fait rayer cette scène du scénario.
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# Online seit Mittwoch, 28. Dezember, 2005 um 08:49

Geändert am Sonntag, 22. Januar, 2006 um 07:07

Des discours ...

Des discours ...
Le "président" américain n'écrit pas lui-même ses discours - le crétin de la Maison Blanche sait tout juste signer son nom. On peut donc se demander qui est l'auteur du discours sur l'état de l'Union que Bush a vomi fin janvier 2002. Quoi qu'il en soit, le rédacteur* semble s'être fortement inspiré des tirades de Joseph Goebbels**. Comme son modèle nazi, le porte-parole du terrorisme américain présente au monde une image inversée de la réalité. La fragile Amérique serait menacée par des pays cent fois plus faibles qu'elle. La Corée du Nord (encore au bord de la famine) s'apprêterait à lancer contre le monde libre des bombes atomiques et bactériologiques (qu'elle ne possède pas). Idem l'Irak (pourtant contrôlé de fond en comble depuis dix ans par des inspecteurs à la solde de la CIA) et l'Iran (plus avide que jamais de normalisation et passablement docile vis-à-vis de Washington depuis le 11 septembre).

En 1938-39, les méchants Tchèques et les perfides Polonais voulaient anéantir le pauvre Reich hitlérien. Mais le brave Führer ne s'est pas laissé faire et a riposté à temps. Les führers du Pentagone, après s'être si brillamment défendus en Afghanistan, vont-ils contre-attaquer en Corée, en Irak et en Iran ? [Pour l'Irak, c'est fait - avec les résultats que l'on sait.]

Leur tâche ne sera pas aisée, car s'il l'on en croit le discours de Bush, les trois puissances démoniaques (pourtant aussi éloignées les unes des autres qu'il est possible de l'être sur le plan politique, idéologique, historique ou religieux) auraient constitué un "axe du Mal". Wow !...

* Peut-être est-ce le néo-con David Frum, l'inventeur de la formule "axe du Mal".

** Quelques citations :
"Benès [le président tchécoslovaque] mène contre les Allemands des Sudètes une guerre d'extermination... (septembre 1938)
"Les Polonais sont engagés dans une course démente contre la paix et le droit en Europe... Les Allemands de Pologne sont les victimes d'une terreur sanglante... " (août 1939)
"Ces pays et leurs alliés terroristes mettent en péril la paix mondiale... Les Etats-Unis ne permettront pas que les régimes les plus dangereux du monde nous menacent avec les armes les plus destructrices du monde." (janvier 2002)

# Online seit Mittwoch, 28. Dezember, 2005 um 08:51

Geändert am Donnerstag, 05. Januar, 2006 um 08:10

La manipulation mediatique...

La manipulation mediatique...
"Je reste surpris du panurgisme de la majorité des journalistes. Je suis peut-être naïf, mais je continue à attendre de la presse une intégrité et un recul par rapport aux événements." (Lu dans un forum)

"Je sillonne la planète depuis plus de 25 ans comme journaliste, et les attentats du 11 septembre 2001 n'ont pas changé le monde. Ce qui a changé, c'est la démission des médias devant le pouvoir, l'abandon de l'esprit critique, l'hégémonie du discours officiel sur les manchettes; c'est la narration docile qui passe désormais pour du journalisme dans les médias occidentaux." (Robert Fisk, journaliste, The Independent)

"Une manière élégante d'obtenir des gens qu'ils restent passifs et obéissants, est de limiter strictement le cadre des opinions acceptables, tout en permettant un très vif débat à l'intérieur de ce cadre - allant même jusqu'à encourager les points de vue les plus critiques et les plus radicaux. Cela donne aux gens l'impression que la liberté de penser existe bien, alors qu'à tout instant, les présupposés du système se trouvent renforcés par les limites prescrites à l'étendue du débat." (Noam Chomsky, linguiste, professeur au MIT de Boston)

Ou, comme disait Jean-Paul Sartre : "La contestation porte sur le détail et se fait au nom des principes incontestés."

Déjà en 1880, John Swinton, rédacteur progressiste au New York Times, avait déclaré au cours d'un banquet de journalistes, en réponse à quelqu'un qui proposait de porter un toast à la presse indépendante :

"Une presse indépendante, dans l'Amérique d'aujourd'hui, ça n'existe pas. Et vous le savez aussi bien que moi.

"Jamais un seul d'entre vous n'oserait écrire ce qu'il pense sincèrement, et si quelqu'un le faisait, il sait d'avance que son point de vue ne serait pas publié. Je suis payé semaine après semaine pour taire mon opinion personnelle et la tenir à l'écart du journal pour lequel je travaille. D'autres, parmi vous, sont payés pareillement pour faire la même chose, et quiconque d'entre vous serait assez fou pour exprimer par écrit ses véritables sentiments, se retrouverait à la rue à la recherche d'un nouvel emploi. Si je me permettais d'écrire dans mon journal ce que je pense sincèrement, je perdrais ma place dans les vingt-quatre heures.

"Le rôle du journaliste, c'est de détruire la vérité, de mentir sans vergogne, de pervertir, d'avilir, de se prosterner devant l'argent et de vendre peuple et patrie pour sauvegarder son pain quotidien. Cela, vous le savez aussi bien que moi. Alors, à quoi rime ce toast à la presse indépendante ?

"Nous sommes des vassaux, des jouets aux mains des riches qui se tiennent dans la coulisse. Nous sommes des pantins dont on tire les ficelles pour qu'ils se mettent à danser. Notre talent, nos capacités, nos vies sont la propriété d'autres hommes. Nous sommes des prostitués intellectuels."

Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis, si ce n'est que la plupart des journalistes de notre époque ne sont pas conscients de leur situation et n'ont pas d'opinion personnelle.

# Online seit Mittwoch, 28. Dezember, 2005 um 08:53

Geändert am Samstag, 23. Juni, 2007 um 06:45

Le pouvoir des mots :

Le pouvoir des mots :
Suivant les circonstances, les excès de la langue de bois peuvent paraître agaçants, ennuyeux ou... cocasses. Ecouter un crétin de l'acabit de George Bush débiter les phrases toutes faites qui lui ont été soufflées par d'autre crétins peut être très désopilant - quand on fait abstraction du contexte. Malheureusement, chacun de nous, à un moment ou à un autre, a utilisé sans y penser ces mots préfabriqués vides de sens ou dont le sens véritable a été perverti à dessein. L'idéologie (bien entendu "inexistante") de la classe dominante (elle aussi "inexistante") passe avant tout par le vocabulaire. Accepter celui-ci sans réfléchir équivaut à se soumettre au mensonge de propagande qui le sous-tend.

Les victimes, toujours plus nombreuses, de la dictature du capital se résignent à rester des victimes dès lors qu'elles reprennent à leur compte le terme libéralisme pour désigner le cannibalisme économique auquel on les expose quotidiennement. Le libéralisme, c'est la liberté, donc ça ne peut pas être mauvais, de quoi vais-je me plaindre ?... Et néo-libéralisme, c'est encore mieux puisque cela allie la liberté à la nouveauté. Tout ce qui nouveau est beau, donc je suis pour...

Même chose pour défense, comme dans ministère de la défense ou président, comme dans président américain. Employer ces termes sans guillemets, c'est capituler, c'est faire comme si Bush avait été légitimement élu et comme si les USA se défendaient en Irak, en Afghanistan et ailleurs.

On sous-estime souvent le pouvoir des mots - moins pour ce qu'ils disent que pour ce qu'ils cachent. En France et dans d'autres pays d'Europe, les partis communistes, autrefois puissants, en ont fait l'expérience. A force d'invoquer le socialisme, au sens marxiste du terme, ils ont fini par pousser leurs électeurs dans les bras des partis socialistes qui, eux, incarnaient la social-démocratie et rejetaient le socialisme. Dans des pays comme l'Allemagne, où les sociaux-démocrates n'ont jamais craint de se présenter comme tels, cette confusion n'a pas été possible. En revanche, d'autres confusions - intentionnelles - y sont courantes et ont largement contribué à paralyser les luttes sociales et politiques. En Allemagne, incroyable mais vrai, on emploie le même mot pour désigner le bourgeois et le citoyen. Et il n'y a pas, chez nos voisins, des salariés et des employeurs, mais - littéralement - des preneurs d'emploi et des donneurs d'emploi. Quand l'un donne et l'autre prend, tout est clair dans le domaine social.

Dans le conte De l'autre côté du miroir (la suite d'Alice au Pays des merveilles de Lewis Carroll), Humpty Dumpty nous apprend que les mots qu'il utilise peuvent avoir des significations très différentes selon son humeur du moment. Quand on est le maître, ajoute-t-il, les mots prennent tout simplement le sens qu'on leur donne, un point c'est tout.

Avoir conscience de la situation réelle, c'est avant tout appeler un chat un chat...

# Online seit Mittwoch, 28. Dezember, 2005 um 09:04

Geändert am Samstag, 23. Juni, 2007 um 09:08